«Le Castelviel est un des quartiers les plus anciens d’Albi, si l’on en juge par les découvertes d’armes, d’outils ou d’ornements faites en ce lieu et pouvant être attribuées aux époques préhistorique, celtique ou gallo-romaine» écrit l’historien Roger Allaire dans «Albi à travers les siècles», ouvrage de référence. «Le Castelviel a reçu, vers 1130, le nom qu’il porte encore, mais son ancienneté remonte bien au-delà du XIIe-siècle. Au cours de la préhistoire, il forme un oppidum qui sert de refuge aux populations dispersées dans la vallée du Tarn ; il devient ainsi le berceau de la ville d’Albi.  C’est un quartier pas comme les autres, peuplé dès l’antiquité, bien avant qu’Albi ne devienne une cité opulente. De par sa situation enclavée, sur un promontoire escarpé, la butte du Castelviel a échappé aux changements urbains, gardant ce petit quelque chose d’authentique auquel sont tant attachés ses habitants.

Il est regardé comme le berceau d’Albi. Son nom rappelle que la pointe de ce promontoire qui s’avance comme une proue entre les escarpements des vallées du Tarn et du Bondidou offrait un site défensif, propice à l’établissement d’un refuge fortifié : le château des comtes de Toulouse, les tout-puissants seigneurs d’Albi s’y dressait dès le début du Moyen Âge Il existe encore, actuellement, la « Place du Château » proche de la Place St Lou, à la sortie du « Pont de la République » qui enjambe le ravin du Bondidou et croise le pont du chemin de

Après la croisade des Albigeois, qui entraîne l’effacement des Trencavel, vicomtes devenus principaux seigneurs de la ville au XIle siècle, le Castelviel devient possession des Montfort et forme une communauté séparée avec ses consuls.

Pendant longtemps, ce village dans la ville resta indépendant de la juridiction d’Albi jusqu’à ce que la Révolution ne conduise à son rattachement.

Cet isolement durable explique que le Castelviel ait conservé l’apparence d’un village d’autrefois. Sa forte identité tient à la configuration du parcellaire qui s’organise à partir d’un axe principal, la rue du Castelviel d’où partent des rues étroites qui desservent des îlots aux parcelles extrêmement exiguës puisqu’un quart des maisons ont une surface au sol comprise entre 18 et 30 m2.

On découvre ses maisons modestes et pittoresques, disposées en étages, avec des jardins en terrasses…et des placettes d’une autre époque. Toutes offrent une vue imprenable sur la cathédrale.

 

Le ravin du Bondidou, actuellement aménagé en parking paysager, ( parking de la Cathédrale) a bien conservé l’escarpement originel surplombé par le Castelviel et la cathédrale. Il permet de bien apprécier la dénivellation dont les remparts ( démolis au XVIIème siècle) limitaient le  ravin.

On n’a plus qu’à suivre la rue du Castelviel, sorte d’épine dorsale du quartier ; s’en détachent une série de ruelles et deux rues plus importantes qui conduisent à deux placettes ; la place Savène, pleine de charme et de pittoresque, évoque une place de village, entourée de petites maisons construites en brique et colombages.

 

La petite place Saint-Loup,   près de l’église du même nom, devenue propriété privée à la Révolution, offre un séduisant point de vue sur le clocher de la cathédrale. Il en est de même de la rue du Castelviel qui s’ouvre sur la cathédrale et offre une belle suite de maisons à colombages et encorbellements, dont une maison aux murs de torchis.

De l’autre côté du pont de la République, cordon ombilical entre les deux quartiers, le Castelviel s’anime autour du foirail. Depuis le printemps, les engins de chantier ont investi la place du château et certaines rues de la butte du Castelviel. La passerelle et les travaux de requalification sont en train de changer le quartier, sans perdre son cachet.

 

C’est un quartier animé

Tandis que les travaux se poursuivent en essayant autant que possible de limiter les nuisances, la butte du Castelviel s’anime tout au long de l’été : apéro concert organisé place Savène à l’initiative de l’association., inauguration de l’impasse Azémar dont la dénomination a fait l’objet d’un référendum au sein du quartier.

L’idée est toujours de créer du lien social, de se connaître davantage entre habitants, mais aussi de mieux faire connaître ce quartier aux Albigeois et aux touristes.

Lors du festival « Place(s) aux artistes » mi- juillet puis mi- août, des concerts sont donnés place Saint-Loup avec le Conservatoire de musique et de danse du Tarn, et des séances de contes ont lieu tous les jeudis à 16h30 place Savène.

 

Dans ce quartier historique aux rues étroites, restaurants et salons de thé et crêperie sont ouverts toute l’année. Les Albigeois, notamment des habitants du quartier, réservent avec plaisir l’une des tables de ces lieux chaleureux.

Au foirail du Castelviel, on reconnaît que l’accès au quartier est plus compliqué en voiture avec la fermeture du pont de la République mais reste accessible, à pied ou à vélo, par la passerelle parallèle à la voie en construction.

 

 

Le pont de la République

En 1879, la communauté du Castelviel compte huit fois moins d’habitants que celle d’Albi et s’avère douze fois moins riche ; elle ne peut éviter d’être absorbée par sa puissante voisine.

Au XIXe-siècle, un pont routier «  pont de la République », élevé sous la Seconde République, l’arrime à son foirail, mais son calme est troublé par la construction d’un viaduc pour le chemin de fer. Elle révèle des restes de l’âge de bronze, mais elle achève d’effacer les vestiges de la maison forte évoquant la grande famille gallo-romaine des Didier-Salvi, les comtes de Toulouse et les chevaliers du Moyen Age.
La topographie et des restaurations heureuses ont permis au Castelviel de conserver, malgré tout, une morphologie qu’il affirme aujourd’hui pour l’agrément de tous.

 

 

 

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